Le Suisse Steve Guerdat, vainqueur du Prix Saur et du Derby de La Baule – Demeures de Campagne, a marqué la troisième journée du Jumping international de La Baule – Officiel de France. Dimanche, le Rolex Grand Prix Ville de La Baule, étape des Rolex Series, conclura l’événement de la plus belle façon.
L’ovation du public a duré longtemps. Très longtemps. Une première fois en début d’après-midi à l’issue du Prix Saur (1,50 m, avec barrage). Puis un peu plus tard, après le Derby de La Baule – Demeures de Campagne. Deux épreuves majeures et deux démonstrations de Steve Guerdat (n°10 mondial), champion olympique 2012, triple vainqueur de la finale Coupe du monde, champion d’Europe 2023 et vainqueur de multiples Grands Prix. Avec pour chaque podium, beaucoup d’émotion.
Des hommages amplement mérités au regard des performances réalisées par l’un des cavaliers préférés du public, d’abord avec la jument Lancelotta puis avec l’étalon Easy Star de Talma. Dans le Prix Saur, deuxième épreuve individuelle la plus dotée du concours, Guerdat, dernier des 17 barragistes (67 partants), a offert une leçon de finesse et de tracé pour aller ôter 83 centièmes au chrono de Mclain Ward (n°14) et de High Star Hero qui semblaient pourtant intouchables. L’Égyptien Nayel Nassar (Orphea HQ) prend la troisième place.
À nouveau le dernier sur la liste de départ, la tâche de Guerdat était toute aussi délicate après le parcours de son compatriote Martin Fuchs, alors le plus rapide avec la jument Love de Vie. Longtemps, Fuchs crut pouvoir imiter son père Thomas, sacré dans ce derby en 1983, avec Willora Carpets. Amoureux de cet exercice, Guerdat a tout de suite imprimé un rythme très élevé avec l’étalon Selle Français qui lui avait déjà offert la victoire l’an dernier. Au dernier temps intermédiaire, l’écart entre les deux hommes n’était que de 4 centièmes.
Sur la ligne d’arrivée, Guerdat l’avait porté à 81 centièmes pour un second succès d’affilée. « Je savais que je devais aller près de quatre secondes plus vite que l’an dernier pour gagner, commente-t-il. Easy Star a encore mieux sauté que l’an dernier. Jamais je ne l’ai senti en difficulté. Personnellement, j’ai moins pris de plaisir car j’avais le chrono dans la tête. Mais la joie est immense au terme d’une journée incroyable. Vendredi, j’étais un peu déçu de ma Coupe des Nations. Lancellota avait bien sauté mais nous avions fait une barre dans les deux manches. Idem dans l’épreuve qualificative jeudi. Je n’étais donc pas qualifié pour le Grand Prix. J’avais un peu le moral dans les chaussettes. Ce samedi matin, je suis allé à la plage avec mes chevaux. Quand on est rentrés, j’ai vu tout le monde qui attendait déjà pour entrer. C’est un privilège d’être ici, de pouvoir participer à des concours comme celui de La Baule avec toujours une atmosphère incroyable. Alors je me suis dit que c’était un autre jour, avec deux belles épreuves et que je devais en profiter. Ma jument a été fantastique dans le Prix Saur. Elle adore les barrages et aime aller vite. Elle me fait confiance. Le barrage était génial et ça m’a encore plus motivé pour le Derby. J’ai beaucoup d’obstacles naturels chez moi car j’aime être proche de la nature. Mes chevaux sont habitués et ils aiment sauter ces épreuves. S’offrir deux tours d’honneur à La Baule, ça donne des frissons. Je me sens tellement bien ici. »
Martin Fuchs donne rendez-vous pour ce dimanche
Deuxième, Martin Fuchs préférait tirer le positif de sa journée. « Le Derby et le Grand Prix sont deux épreuves magiques. Quand je viens à La Baule, j’espère en gagner une des deux. Deuxième c’est bien aussi car je suis très content avec ma jument Love de Vie qui disputait son premier derby et qui l’a fait très bien. Je vais la mettre sur d’autres derbys. Et c’est aussi encourageant pour le Rolex Grand Prix de ce dimanche. Je serai au départ avec Conner Jei qui adore ce terrain. Il a fait son premier passage ici il y a 6 ans. Il adore la France. »
Le podium est complété par le Colombien René Lopez Lizarazo, vainqueur du derby en 2018 avec Destiny’s Child. « C’était la première fois que ma jument faisait un tel parcours. Je suis vraiment content d’elle et d’être ici dans ce concours formidable. Dommage qu’il y ait eu deux Suisses aujourd’hui ! » Deuxième l’an dernier Nicolas Layec, avec Georgio Louvo Z, termine premier français, au 5e rang.
Camille Condé Ferreira gagne le Derby de la Laiterie de Montagu du CSI 1*
Dans les épreuves du CSI 1*, le Prix La Baule Événements – Palais des Congrès Atlantia (1,30 m, 2 phases) a permis d’entendre l’hymne italien grâce à Annabel Frish, 21 ans, sur Daisy du Tertre. Elle devance Camille Condé Ferreira (Hydra Mouche) et Jean-Baptiste Jegousso (Era Mag II).
Le Derby Laiterie de la Laiterie de Montaigu a comme l’an dernier souri à Camille Condé Ferreira. Elle s’impose cette année avec Kairos Romaneira Z, jument de seulement 7 ans, cinq secondes devant Margret Tangerino (Hors Série du Sol) et Marie Dagorne (Elsa Gravelotte). « C’est génial de gagner une fois encore et avec une autre jument, s’exclame la Française. Kairos est une petite jument mais elle a de très belles capacités. Le Derby, c’est vraiment cool. Je m’éclate surtout avec une jument qui joue le jeu et qui n’a pas du tout été impressionnée malgré ses 7 ans. Je suis aussi très heureuse de gagner l’épreuve au nom de La Laiterie de Montaigu, mon partenaire. Les salariés étaient présents aujourd’hui, c’est un beau cadeau pour eux qui nous encouragent toujours beaucoup. C’est aussi une belle récompense pour Caroline (Sablereau) et son équipe qui s’investissent beaucoup. »
Le Rolex Grand Prix Ville de La Baule en apothéose
Dimanche, le Rolex Grand Prix Ville de La Baule constituera le bouquet final des quatre jours de concours. Dans cette étape des Rolex Series, circuit de prestige regroupant des épreuves d’excellence, quarante-cinq couples rêveront de succéder à l’Allemand Daniel Deusser, vainqueur l’an dernier avec Otello de Guldenboom. Les neuf Français qualifiés avec notamment trois des quatre membres de l’équipe de France victorieuse vendredi de la prestigieuse Coupe des Nations Barrière (Nina Mallevaey, Antoine Ermann et Julien Épaillard) tenteront de faire à nouveau retentir La Marseillaise, cinq ans après le succès de Nicolas Delmotte et Urvoso du Roch.
Les cavaliers du CSI 1* ouvriront la piste en début de matinée avec le Prix Tomate Jouno, puis le Prix Emma Pâtisserie et enfin le Grand Prix Range Rover (1,35 m, avec barrage).
