L’équipe de France a remporté ce vendredi la Coupe des Nations Barrière, temps fort de la deuxième journée du Jumping international de La Baule – Officiel de France. A deux mois des Championnats du monde, le succès des Bleus, attendu depuis 2017, leur permet de faire le plein de confiance. Ce samedi, le Prix Saur et l’historique Derby de La Baule – Demeures de Campagne feront vibrer le stade François André.
Parfois, les images à la sortie d’un parcours en disent plus que les mots. Le grand sourire de Nina Mallevaey, 26 ans, numéro 7 mondiale et meilleure cavalière au monde, les poings levés d’Olivier Perreau (n°96) et de Julien Épaillard (n°11), le doigt levé vers le ciel d’Antoine Ermann (n°50), les embrassades de tout le staff tricolore. Et puis cette Marseillaise reprise par les 7500 spectateurs d’un stade François André en lévitation à l’issue de la Coupe des Nations Barrière. Une explosion de joie au bout du bout du suspense.
Sur le parcours dessiné par le chef de piste français Grégory Bodo, il aura en effet fallu attendre l’avant-dernier saut de la journée pour voir les Français fêter ce succès, le premier depuis 2017 (avec Kevin Staut, Pénélope Leprévost, Roger-Yves Bost et Cédric Angot). En tête à l’issue de la première manche sans le moindre point de pénalité au compteur, l’Allemagne semblait intouchable. Dans le second acte, Andre Thieme et Sophie Hinners, les deux premiers cavaliers à s’élancer, signaient deux nouveaux sans faute. Avec Daniel Deusser et Richard Vogel encore à venir, la Mannschaft avait deux « balles de match ». Deusser, avec Ottelo de Guldenboom, vainqueur l’an dernier du Rolex Grand Prix Ville de La Baule, se faisait d’abord surprendre : 4 points. Pendant ce temps, les Français, crédités d’un point à l’issue de la première manche (sans faute de Julien Épaillard sur Fringan de Vesquerie et de Nina Mallevaey sur Dynastie de Beaufour ; 1 point de temps d’Antoine Ermann et Floyd des Prés et 4 points d’Olivier Perreau et GL Events Dorai d’Aiguilly sur le dernier obstacle), réussissaient une très belle deuxième manche avec les sans faute de Perreau et Ermann (4 points pour Mallevaey). Dernier à s’élancer pour les Bleus, Épaillard signait un superbe double sans faute, laissant Richard Vogel et son crack United Touch S sous pression, avec l’obligation d’un parcours sans faute. Mission accomplie… jusqu’à l’avant-dernier obstacle, une palanque en sortie de double. Une faute et 4 points synonymes de victoire pour la France et de deuxième place pour les Allemands. « Gagner ici, avec ce public, avec cette organisation, avec cette qualité de terrain, c’est fantastique, confie Édouard Coupérie. Ils ont tous monté de façon incroyable. Julien avec son double sans faute avec un cheval qui revient en forme, Olivier qui fait un tour magnifique, Antoine qui fait presque un double sans faute avec juste un point de temps. Avec Nina, c’est toujours 0 ou 4 points et c’est le plus souvent sans faute. C’est très encourageant pour l’avenir. La Baule était un grand test. Cette victoire nous permet de faire le plein de confiance. Mais il peut encore se passer plein de choses en deux mois. Il faut maintenant gérer cette période. Nous allons réfléchir sur un programme individuel pour chacun. »
Nina Mallevaey : « Avec des yeux de petite fille »
Du côté des cavaliers, évidemment un grand bonheur. « Gagner la Coupe des Nations à La Baule, c’est un rêve qui devient réalité, lâche Nina Mallevaey. Entendre le public français qui chantait La Marseillaise, c’était incroyable. J’en avais plein de frissons, avec des yeux de petite fille qui brillaient. Ce n’est que du bonheur. J’essaye de profiter à fond de cette période. Le sport ce sont des hauts et des bas. En ce moment, j’ai surtout des hauts mais ça ne sera pas toujours comme ça, alors je savoure, sans m’enflammer. » Même émerveillement chez l’autre « petit jeune » de l’équipe, Antoine Ermann. « Je regardais ce concours de La Baule depuis tout jeune, insiste-t-il. C’était déjà un rêve de monter un jour ici, alors gagner la Coupe des Nations, je vous laisse imaginer. Ça fait beaucoup… Je ne suis pas certain de bien réaliser. J’avais peur que mon point de temps en première manche coûte très cher. C’était une erreur que j’aurais pu éviter. Heureusement, ça n’a finalement pas eu de conséquence. »
Les plus expérimentés savouraient également ces instants. « C’est un bonheur d’avoir pu courir cette Coupe des Nations Barrière, note Olivier Perreau, sur un nuage ces dernières années avec une médaille de bronze par équipes aux Jeux olympiques de Paris et une victoire lors de la Coupe du monde de Lyon. Ce public donne envie de tout donner. J’étais un peu déçu de ma faute en première manche mais je suis très content de pouvoir monter avec de tels cavaliers. Je suis également très heureux de ma jument qui est très belle forme. » « C’était un défi d’arriver avec Fringan en forme, poursuit Julien Épaillard. À la base je devais être remplaçant, malheureusement Simon (Delestre) a eu un accident et n’a pu être présent. Cette Coupe des Nations Barrière m’a permis d’engranger beaucoup d’informations pour l’amener au jour J à l’heure H. Je vais l’engager sur le Rolex Grand Prix de dimanche pour voir son comportement sur un schéma qui se rapproche des Championnats du monde. »
Les Bleus succèdent à l’Irlande, sacrée l’an dernier, et troisième cette année après une superbe seconde manche (trois sans faute) qui a permis d’effacer partiellement un premier acte délicat (8e de la première manche).
Dans le Prix Hus Reproduction (1,45 m au chrono), autre épreuve du CSIO 5* de ce vendredi, Le Belge Gregory Wathelet (n°28) s’est imposé avec Romance van de Padenborre, jument de 9 ans, fille d’Ironman van de Padenborre, étalon lui aussi monté par Wathelet. Avec Glamour Girl, le Suédois Henrik von Eckermann est deuxième, devant la Saoudien Abdulrahman Alrajhi sur Kandide Chavannaise.
Dans le CSI 1*, Giulia Guilloteau, accompagnée de Happy de Liverdy, a fait résonner la Marseillaise dans le Prix Markel Assurance Équine (1,15 m au chrono). La toute jeune cavalière de 14 ans devance la Suissesse Cherine Bourquard (Asmara) et Margret Tengerino (Hors Série du Riol).
L’hymne américain a retenti dans le Prix Datanaute grâce au succès de Djuna Lauder, 19 ans, sur Cornet Fifty MM (ancien cheval du Suisse Alain Jufer), devant Camille Condé Ferreira (Kairos Romaneira Z) et l’Italienne Annabel Frisch (Daisy du Tertre).
Prix Saur et Derby de La Baule – Demeures de Campagne, temps forts de samedi
Samedi, le Prix Saur (1,50 m, avec barrage), à 11h30, et le Derby de La Baule – Demeures de Campagne (17h15) animeront la journée des cavaliers du CSIO 5*. Le Prix Saur, deuxième épreuve individuelle la plus dotée des quatre jours de concours, offrira les derniers sésames pour le Rolex Grand Prix Ville de La Baule de dimanche. Remporté l’an dernier par le Suisse champion olympique Steve Guerdat avec Easy Star de Talma, le Derby de la Baule Demeures de Campagne, épreuve très spectaculaire avec de nombreux obstacles naturels, s’inscrit dans la longue tradition du Jumping international de La Baule.
En début de journée, les cavaliers du CSI 1* ouvriront la piste avec le Prix La Baule Événements Palais des Congrès Atlantia (1,30 m en deux phases). Ils reviendront à 15 heures pour le Derby Laiterie de Montaigu.
À 19h15, Andy Booth, célèbre éducateur équin, proposera une Masterclass qui devrait passionner tous les cavaliers amateurs.
