communiqué de presse n°27, (08/05/2000)

Un bon tirage pour commencer

Les Français sont vernis. Marcel Rozier a tiré la 11e et dernière place sur la liste de départ, ce qui est un avantage indéniable : cela donne la possibilité de décortiquer les dix premiers parcours et de procéder à quelques réajustements techniques et surtout le 4e cavalier de l'équipe peut rester au paddock si l'on est sûr que son score ne pourra pas améliorer celui de son équipe.

En plus de ce tirage favorable, la domination des vestes bleues dans le Grand Prix a fait forte impression auprès des dix (plus un) chefs d'équipe rassemblés hier pour le cérémonial tirage au sort de l'ordre de départ. Sept coaches ont donné la France gagnante, deux les Etats-Unis, tandis que Marcel Rozier, avec la diplomatie de rigueur ici, a donné la Suisse gagnante (pronostic courageux alors qu'aucun cheval olympique n'est présent dans les rangs suisses !) Et pour six des sept chefs d'équipe " neutres ", c'est-à-dire des autres formations que les trois équipes citées dans ces pronostics, la France devrait gagner cet après-midi. Seul Michael Bullman, le patron des Britanniques, voit les Etats-Unis battre la France. Ceci dit, malgré cet environnement favorable, Jacques Bonnet, Fabrice Dumartin, Michel Robert et Thierry Pomel n'ont pas partie gagnée. Le parcours sera différent de celui du Grand Prix et les équipes étrangères, à commencer par les Etats-Unis coachés par le Français Henri Prudent, sont gonflées à bloc. De plus, les Français avaient également dominé le Grand Prix en 1999 (doublé de Gilles de Balanda/Crocus Graverie et de Thierry Pomel /Thor des Chaînes), ce qui ne les avait pas empêché d'essuyer un échec dans la Coupe des Nations. Méfiance donc.
L'année dernière, le résultat de la Coupe des Nations s'était décidé au barrage. Cette époque est révolue : exit le barrage, en cas d'égalité de points c'est le temps cumulé des trois meilleurs cavaliers dans la seconde manche qui départagera les éventuels ex aequo. Une mesure, encore expérimentale à La Baule car elle ne sera officiellement applicable que la saison prochaine, mais qui recueille déjà tous les suffrages des chefs d'équipe : " C'est la deuxième bonne décision qu'a prise la FEI à ma connaissance ", notait le coach allemand Sönke Sonksen avec un humour pince-sans-rire. " Le barrage, c'était un peu faire sauter les chevaux pour rien ", approuvait Rodrigo Pessoa, le jeune patron des Brésiliens. " Dans un CSIO, les chevaux doivent sauter trois tours dans le Grand Prix et trois autres dans la Coupe des Nations, c'est trop. Il faut songer à les préserver. Parce qu'après La Baule, ce sera la même chose dans deux semaines à Rome, puis à Lucerne. "
Fini donc les barrages à suspense comme celui qui avait opposé, en 1993, les Français d'Eric Navet et Quito de Baussy aux Allemands de Franke Sloothaak et Corrado. Dommage pour le spectacle, mais tant mieux pour les chevaux.ricin.