communiqué de presse n°21, (06/05/2000)

Jacques Bonnet et les J.O : confiant et lucide

Jacques Bonnet (40 ans dans 15 jours) revient en équipe de France gonflé à bloc. Son passage en équipe première l'an passé s'était soldé par de gros déboires lors du Championnat d'Europe à Hickstead : Apache d'Adriers, l'étalon des Haras Nationaux, avait affiché les deux scores les plus lourds pour l'équipe. Au lieu de se morfondre dans cet échec, le Francilien a aussitôt retroussé ses manches en se remettant complètement en question. Après un hiver de labeur, quelques beaux succès en indoor à Bordeaux et à Bercy, il ré-enfile la veste bleue pour s'aligner dans la première Coupe des Nations de la saison.

Hickstead a été une grosse déception pour vous, comment avez-vous réagi par la suite ?
J'ai analysé le pourquoi, le comment. J'avais eu jusqu'alors de bons résultats en CSIO. Là j'ai réalisé qu'il y avait encore un palier entre un CSIO et un championnat. A Hickstead, c'était clair qu'il me manquait un petit quelque chose.

C'était quoi ce petit quelque chose ?
Pour améliorer mon cheval je devais m'améliorer. Le cheval a des défauts et des qualités comme tous les chevaux, mais pour effacer ces défauts je devais progresser moi-même techniquement. Je le monte un peu plus en avant, j'ai changé de mors aussi, un petit pelham, tout ce qu'il y a de plus simple… qui a d'ailleurs cassé à Fontainebleau ce qui explique ma petite contre-performance dans le Grand Prix. Un mors introuvable aujourd'hui si bien que j'ai dû le réparer moi-même pour La Baule et vous avez vu aujourd'hui (jeudi), tout va bien à nouveau.

Concrètement, quelles mesures avez-vous prises ? Êtes-vous allé travaillé avec quelqu'un ?
Sur le moment, j'ai pensé à travailler avec un grand cavalier. Puis j'en ai discuté avec Daniel Biancamaria. Il ne m'a pas caché que j'avais encore du travail devant moi. En fait, il connaît bien Apache pour m'avoir aidé à le "fabriquer" lorsqu'il était jeune cheval, à six ans. Il le connaît par cœur même : ses défauts, ses qualités, son caractère. Apache est tellement particulier que j'ai finalement pensé que c'était trop hasardeux de travailler avec un cavalier qui ne le connaissait pas vraiment… Alors je suis revenu vers Daniel.

Comment réagissez-vous aux critiques en général ?
Maintenant ça me passe au dessus. Les gens qui critiquent n'ont qu' à débuter un cheval à 4 ans et le mener jusqu'au niveau international et on en reparlera. C'est tout ce que j'ai à dire.

Le cheval appartenant à un organisme public, n'avez-vous pas craint un moment qu'Apache vous soit retiré pour être confié à un autre cavalier ?
Des bruits ans ce sens ont effectivement courus, mais du côté des Haras Nationaux il n'y a aucune ambiguïté. Tout a été toujours très clair entre nous. La confiance est mutuelle.

Affichez-vous franchement des ambitions olympiques ?
Maintenant, je sens le cheval bien. Tant sur le plan physique que mental et technique. Il n'y a rien qui m'inquiète : gros oxer, grosse combinaison... Si j'ai des problèmes, je ne me les cacherai pas. J'irai aux Jeux si je le mérite et si je suis sûr de nous à 100%.