Le temps des géants
Des champions du monde, des champions d’Europe, des numéros 1 mondiaux, des vainqueurs des plus grandes épreuves de la planète, un simple regard sur le palmarès du Grand Prix suffit à prendre conscience de la dimension de l’événement.
 |
Quand Janou Lefèbvre, en 1963 remporta avec Kenavo D le premier Grand Prix de La Baule, elle ne se doutait probablement pas que les plus grands lui succèderaient un jour. Au fil des éditions, le palmarès est venu s’enrichir de toutes les références mondiales du saut d’obstacles. Le Britannique Michael Whitaker, le Brésilien Nelson Pessoa, le Belge (alors Néerlandais) Jos Lansink, et bien d’autres encore.
Sans doute transcendés par le soutien de leur public, les cavaliers tricolores ont souvent brillé. Vingt et une fois depuis sa création, la Marseillaise est ainsi venue conclure ce Grand Prix. L’éternel Michel Robert s’est à lui seul hissé au sommet à quatre reprises, la première fois, en 1981 (28 ans déjà !), avec Gazelle d’Elle. Petit focus nostalgique aussi sur le millésime 1994 quand Alexandra Ledermann menait Rochet M à sa victoire. Deux ans plus tard, le couple allait décrocher le bronze olympique à Atlanta, la dernière médaille rapportée par la cavalerie tricolore en saut d’obstacles. Toujours avec Rochet M, hélas disparu aujourd’hui, Alexandra deviendra même en 1999, la première femme à devenir championne d’Europe. Cette même année 99, le public de La Baule s’enthousiasmait lors de son Grand Prix pour les exploits de Crocus Graverie sous la selle de Gilles Bertran de Balanda, un couple qui allait renouveler son succès en 2005. Témoin de l’attachement du pilote aux supporters baulois, c’est ici qu’il offrit un dernier galop public à Crocus, il y a deux ans. Un intense moment d’émotion où beaucoup d’yeux s’embuèrent subitement… Personne n’a oublié non plus le succès de Pierre Durand et Jappeloup, en 1987, quelques mois avant d’aller chercher la consécration olympique aux Jeux de Séoul.
Et que rêver de mieux cette année que de voir entrer sur son terrain le champion olympique… himself. L’an dernier, Eric Lamaze avait enchanté le public du stade François-André en décryptant au micro le parcours de certaines épreuves. Son humour, son talent pour vulgariser les choses les plus complexes et surtout son immense compétence avaient fait un malheur. Personne n’a oublié. Le tout sur fond de petit accent canadien ravageur. C’est tout naturellement que le champion, grimpé depuis au premier rang mondial en début d’année, a de nouveau été convié à ce Jumping International de France. Et le public de La Baule saura à coup sûr lui témoigner comme d’ailleurs aux autres exceptionnels champions présents, son admiration mais surtout son énorme respect.
|